Loi NOME et prix de l'électricité

Actualité du 21 Mai 2010


La loi NOME (nouvelle organisation du marché de l'électricité) sera examinée le 8 Juin prochain. En principe, la mise en place de cette loi ne devrait rien changer pour les particuliers. En fait, tout va dépendre du prix de vente de l'électricité par EDF aux différents fournisseurs alternatifs d'électricité. En effet, pour favoriser la concurrence sur le marché de l'énergie et sous la pression de la commission européenne, la France impose à EDF de vendre à bon prix, et pendant 15 ans, 25% de son électricité nucléaire à ses concurrents (poweo, direct energie, planete oui, eneroop, gdf, ...).

Tout l'enjeu de la loi NOME tourne autour du prix de l'électricité. Pour le moment personne ne peut dire à quel prix sera cédée cette électricité. Tous les protagonistes sont en pleine négociation : le gouvernement qui a conscience qu'un hausse des prix sera inévitable, la CRE qui veille sur les prix du marché et EDF qui essait par tous les moyens de valoriser au plus haut son électricité. 

Edf souhaite obtenir autour de 45 euros le mégawattheure (MWh), ce qui lui permettrait de prendre en charge raisonnablement les coûts liés aux réacteurs nucléaires respectivement dans les domaines :
- de l'exploitation,
- de la maintenance,
- de la modernisation
- du démentelement
- du recyclage des déchets
- ...
D'après Henri Proglio, en dessous de 45 euros le mégawattheure, EDF ne sera plus en mesure de financer les investissements à venir.

Dans tous les cas, une chose est sûre, les fournisseurs d'électricité alternatifs voient en la loi NOME une aubaine qu'ils ne veulent pas laisser passer. Les concurrents d'EDF ne souhaitent pas, de leur côté, débourser plus de 38 euros le MWh, afin de pouvoir tirer des bénéfices de la revente de l'électricité.
D'après la CRE avec un prix de 45 euros le MWh, les fournisseurs d'électricité alternatifs seraient contraints d'augmenter la facture de leur clients (particuliers) de 12% en 2010, et de 3,5% par an pour les années à venir.
Cette prévision qui n'engage que la CRE n'est pas de nature à rassurer l'opinion publique. Le gouvernement a d'ailleurs précisé, pour calmer le débat, que le rôle de la loi Nome est avant tout de conserver les tarifs réglementés de l'électricité et que par conséquent, elle ne pouvait entraîner de hausse de prix.
Ce qui tendrait à vouloir dire que le prix sera ni trop haut pour éviter une augmentation tarifaire des fournisseurs alternatifs, ni trop bas pour éviter de nuire à EDF.

Gardons tout de même à l'esprit que la loi NOME a été faite pour favoriser la concurrence et que par conséquent le prix d'achat de l'électricité par les fournisseurs alternatifs sera forcément plus intéressant que le prix actuel.

Les grands gagnants de la loi NOME devrait être les nouveaux fournisseurs d'électricité que sont POWEO, Direct Energie, Enercoop, Planete Oui,...

Reste à savoir si ces derniers developperont à leur tour des moyens de production électrique (éolienne, centrale,...) pour se développer ou si ils se contenteront de faire un travail de courtage.

Bien que tout soit fait pour conserver des tarifs très compétitifs, il est inévitable que le prix de l'électricité augmente un jour car il existe un important écart entre les prix pratiqués en Europe et ceux pratiqués par la France (-30%). Les experts s'accordent tous à dire que cette augmentation devrait se produire dans les années à venir.



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