Le fournisseur d'électricité devrait atteindre 10.000 clients particuliers en fin d'année au lieu des 100.000 prévus. Son PDG, Charles Beigbeder, espère qu'une modification de la loi l'aidera à inverser la tendance.
L'action Poweo a fortement décroché hier pour abandonner 11,49 % en clôture. A 28,81 euros, le titre a ainsi perdu 40 % par rapport à son sommet de juillet, pour revenir à son niveau du début de l'année. « Quand on annonce un objectif, mieux vaut s'y tenir, sinon c'est mal perçu », expliquait hier un analyste. Or le fournisseur alternatif d'électricité et de gaz ne tiendra pas son objectif de 100.000 clients particuliers d'ici à la fin de l'année, a-t-il reconnu hier. Celui-ci est « différé », selon son PDG Charles Beigbeder.
Mais le décalage paraît important. Poweo conquiert aujourd'hui « 50 à 80 nouveaux clients par jour » et comptait 2.389 clients particuliers au 12 septembre. « A ce rythme, Poweo aura 10.000 clients en fin d'année au lieu des 100.000 annoncés, commente un analyste. Et ils ne nous annoncent même pas de grand effort commercial pour rattraper le retard ! »
Charles Beigbeder, « déçu », impute ce résultat à « l'interdiction, pour un particulier qui quitte EDF ou Gaz de France, de revenir ensuite aux tarifs réglementés ». Il rejette la faute sur les associations de consommateurs qui ont encouragé les particuliers à rester aux tarifs réglementés, mais compte mener avec elles « un combat de concert » pour obtenir rapidement une modification de la loi (voir ci-contre).
Autre mauvaise nouvelle, le groupe est retombé dans le rouge au premier semestre, avec une perte nette de 21,4 millions d'euros. Pour deux raisons. D'abord, des dépenses de marketing de 5,8 millions liées à l'ouverture des marchés aux particuliers du 1er juillet. S'ajoutent à cela 14,5 millions de contribution négative de l'activité « energy management ». Comme ses concurrents, Poweo a pâti de la douceur climatique qui a conduit ses clients à consommer moins. L'entreprise a donc cédé sur le marché certains contrats d'approvisionnement, alors que les prix de l'électricité baissaient en raison du temps doux. Elle a, de plus, préféré puiser dans l'électricité issue de l'accord d'échange de capacité avec EDF plutôt que sur le marché pour fournir ses clients et a donc dû revendre sa « surcouverture ». Chez Poweo, on préfère cependant souligner l'effet positif d'un accord qui donne accès à de l'électricité d'origine nucléaire à un coût compétitif. « Il a permis de doubler notre marge brute sur le semestre, à 12,7 millions d'euros », souligne Poweo. Rassurer
Sur le reste aussi, l'entreprise cherche à rassurer. Elle se félicite d'un chiffre d'affaires de 156,2 millions d'euros, en hausse de 31 % par rapport au 1er semestre 2006 : les volumes d'énergie vendus aux grands clients et au Réseau de Transport d'Electricité (RTE) ont permis de relativiser l'impact négatif des conditions climatiques. Poweo annonce par ailleurs un plan industriel « conforme » à son « plan de marche ».
Et laisse ses objectifs pour 2010 « inchangés », avec un chiffre d'affaires supérieur à 1 milliard d'euros qui correspondrait à 1 million de clients particuliers, 200.000 professionnels, contre 86.000 aujourd'hui, et une marge opérationnelle de 4 à 5 % du chiffre d'affaires. Tout ceci n'a apparemment pas suffi à rassurer les marchés.
lesechos.fr © MARIE-CHRISTINE CORBIER
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