Electricité et gaz: les Français ont le choix mais restent prudents

Actualité du 01 Juillet 2007


Depuis dimanche les Français, comme presque tous les Européens, peuvent choisir leur fournisseur d'électricité ou de gaz, mais ils seront rares dans l'immédiat à quitter EDF et de GDF par crainte de voir flamber leur facture.

Le 1er juillet marque l'ouverture totale des marchés de l'énergie à la concurrence, déjà libéralisés pour les professionnels depuis 2004.

Presque tous les pays de l'UE qui ne l'ont pas déjà fait doivent accepter de nouveaux intervenants, à l'exception du Portugal, de la Grèce, de Chypre et de l'Estonie qui ont obtenu des dérogations.

Dans la dizaine de pays qui ont anticipé l'échéance, cette libéralisation s'est plutôt traduite par une hausse des prix.

En France, les ménages opteront soit pour des offres d'énergie à des prix réglementés, fixés par l'Etat et uniquement délivrés par EDF et Gaz de France, soit pour des offres à des prix libres, proposées par une dizaine de fournisseurs alternatifs, mais aussi par EDF et GDF.

Pour le moment, les fournisseurs privés ne se sont pas lancés dans une offensive commerciale d'envergure, à part sur leurs sites internet.

"Il y aura un attentisme", reconnaissait vendredi le président de la Commission de régulation de l'énergie, Philippe de Ladoucette.

Les 25 millions de clients particuliers d'EDF et les 11 millions de clients de GDF ne devraient donc pas changer de fournisseur du jour au lendemain. Moins de 300 clients particuliers d'EDF devraient basculer vers le fournisseur alternatif d'électricité Poweo au 1er juillet, selon ce dernier.

C'est ce que confirme un sondage CSA paru dimanche dans Le Parisien/Aujourd'hui en France, selon lequel seuls 1% des Français envisagent de quitter EDF pour un autre fournisseur. Ce sondage montre aussi que 45% des Français s'attendent à un hausse du prix de l'électricité pour les particuliers, tandis que 20% pensent qu'il baissera et 28% qu'il restera stable.

Associations de consommateurs, gauche et syndicats, inquiets eux aussi d'une possible hausse des prix, ont invité les ménages à rester aux tarifs réglementés.

D'une grande discrétion sur l'échéance, le gouvernement a cherché en fin de semaine à rassurer les consommateurs, en promettant d'être vigilant sur leur protection et leur information. "Réfléchissez! Il n'y a aucune espèce d'urgence, il n'y a aucune obligation à changer quoi que ce soit", a même lancé le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo.

La CRE a développé un site internet www.energie-info.fr et ouvert un centre d'appel (0810.112.212).

De son côté, le Conseil de la concurrence a rendu opportunément jeudi une décision sommant EDF de faire de nouvelles offres d'électricité en gros aux fournisseurs alternatifs pour permettre une "concurrence effective".

Pour le consommateur, le choix est lourd de conséquences car s'il opte pour les prix "de marché", il ne pourra plus revenir aux prix réglementés. Son choix est irréversible.

En outre, il est limité par son lieu d'habitation, car le changement d'opérateur est attaché au site de consommation et non à la personne. Si le particulier déménage, il ne pourra conserver les tarifs réglementés que si l'occupant précédent n'avait pas souscrit d'offre de marché.

Du côté des deux opérateurs historiques, l'ouverture des marchés signifie l'abandon d'un monopole exercé depuis 1946. Mais EDF et GDF devraient continuer à contrôler le marché grâce aux tarifs réglementés, et ils garderont le monopole de l'acheminement du gaz et de l'électricité.

Seule la Commission européenne pourrait encore changer les règles du jeu selon les conclusions qu'elle rendra au terme de son enquête, lancée le 13 juin, sur les tarifs réglementés de l'électricité.


© 2007 AFP


© kelwatt.fr Comparatif des fournisseurs d'énergie