A l'occasion de son assemblée générale,
EDF a confirmé ses objectifs financiers et réitéré ses ambitions de croissance jusqu'en 2010. L'électricien français ne s'attend toujours pas à une augmentation de son résultat net en 2008 et anticipe une croissance de son EBITDA de 3%. «S'agissant du dividende pour 2008, je proposerai un niveau au moins égal à celui de 2007», a précisé le PDG du groupe, Pierre Gadonneix.
Pierre Gadonneix a également souligné la forte accélération des coûts de l'
énergie payés par EDF et l'accélération de ses investissements, qui devraient atteindre 10 milliards en 2008, l'enveloppe étant portée à 35 milliards sur 2008-2010. « Toutefois, ces deux éléments devraient être compensés par nos efforts de productivité », a souligné Pierre Gadonneix. EDF avait annoncé en février un nouveau plan d'amélioration opérationnelle qui devrait générer un milliard d'euros d'Ebitda de plus à l'horizon 2010.
Le
fournisseur d’énergie a également rappelé qu'EDF comptait investir d'ici 2020 dans plus de dix centrales EPR qu'il exploitera ensuite.
En termes d'acquisitions potentielles, Pierre Gadonneix reste vague: « Nous examinons bien sûr les opportunités de croissance externe. » Il a rappelé les conditions éventuelles d’acquisitions, à savoir « cohérence stratégique, rentabilité financière (...) et acceptabilité par les autorités politiques du pays », en réaffirmant qu'EDF souhaitait consolider sa position en Europe et se développer dans les pays où il n'est pas présent.
L'Espagne, le Benelux et le Royaume-Uni EDF entretient un certain suspense vis-Ã -vis de ses propositions de rachats. Ainsi, le
fournisseur d'électricité a reconnu son intérêt pour les marchés espagnol et britannique. Marianne Laigneau, secrétaire générale et membre du comité exécutif a fait état de l'intérêt du groupe pour le marché espagnol, mais a précisé qu'«à ce stade, aucune décision n'était prise s'agissant de ce pays».
Le groupe a, par ailleurs, indiqué que le Royaume-Uni faisait «partie des pays prioritaires» pour produire de l'électricité d'origine nucléaire, sans faire de commentaire sur les rumeurs d'un rapprochement avec British Energy.
En revanche, la secrétaire générale a «clairement affiché» les vues d'EDF sur le Benelux, en ajoutant qu'une offre pour la société Distrigaz avait été faite et que le groupe était également intéressé «par la société SPE». La presse belge avait annoncé au mois d'avril qu'EDF et le groupe néerlandais de services aux collectivités Nuon étaient tous les deux intéressés par le rachat des 25,5% du belge SPE que Gaz de France doit vendre dans le cadre de sa fusion avec Suez.
Forces et faiblesses du groupeForces+ EDF bénéficie d'une croissance liée à la forte dynamique du secteur de l'énergie, et en particulier à l'augmentation de la
consommation d'électricité.
+ L'exposition d'EDF au prix du pétrole est très limitée car son parc de production est fortement axé sur le nucléaire et l'hydraulique. La filière nucléaire participe à la diversification des risques énergétiques et constitue un recours contre les fluctuations du prix du pétrole.
+ Pour le moment, EDF paraît bien protégé de l'ouverture du marché à la concurrence du fait de ses prix de revient très compétitifs grâce au nucléaire et de son énorme capacité de production.
+ EDF a réduit son écart face à ses concurrents européens en termes de rentabilité et de structure financière (EDF est le plus endetté des électriciens européens). Le groupe a promis une croissance régulière du dividende. Le programme de cessions a dépassé au 31 décembre 2007 de 14% la cible d'une réduction de cinq milliards d'euros de la dette nette.
Faiblesses- Les spécialistes s'interrogent sur la manière dont EDF pourra augmenter ses tarifs (les démêlés de Gaz de France avec l'Etat sur le sujet ont marqué les investisseurs). Les tarifs de vente aux clients restent en effet réglementés, ce qui restreint la liberté d'EDF d'agir sur ses tarifs de vente.
- Il existe une incertitude sur les choix d'investissement du groupe. L'Etat a exigé que la moitié soit investie en France, or le groupe doit aussi se développer à l'international. De plus, il existe peu de cibles dans ce secteur déjà très concentré. Le risque de surpayer est donc très important.
- Les analystes s'interrogent sur la décision prise par EDF d'accélérer ses investissements alors que les perspectives pour 2008 semblent incertaines. Cette décision s'explique en partie par une hausse des coûts d'équipement, ont expliqué des bureaux d'études.
- Les spécialistes craignent que le démantèlement des installations nucléaires ne coûte plus cher que prévu et vienne amputer les fonds qui auraient du être dédiés à de nouveaux investissements.
- EDF sera sans doute amené un jour à reconsidérer les prérogatives et le financement de son comité d'entreprise auquel est alloué chaque année 1 % des ventes réalisées dans l'Hexagone.
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